Qu’est-ce qu’un canal carpien et quels sont les symptômes ?

Le syndrome du canal carpien est la compression du nerf médian au poignet dans le canal du carpe. Cela crée des « fourmis » ou des douleurs aux 3 premiers doigts de la main (pouce, index, majeur) qui remontent au coude voire à l’épaule.

Les examens complémentaires

Un électromyogramme est indispensable pour confirmer le diagnostic et quantifier la compression.

Eventuellement une radiographie du poignet ou du rachis cervical pourra vous être prescrit en fonction du contexte.

Le traitement

3 traitements sont envisageables :

  • le traitement conservateur : anti-douleur, repos, attelle.

  • Le traitement par infiltration

  • Le traitement chirurgical.

Le traitement par infiltration se fait sous contrôle échographique pour bien viser les tendons dans le canal carpien. Il ne s’agit pas d’une injection articulaire (qui serait douloureuse). Le but est de faire « maigrir » les tendons fléchisseurs ce qui soulagera le nerf médian qui passe aussi dans le canal.

Il s’agit d’un traitement pouvant être pratiqué 2 ou 3 fois dans une même main, mais généralement pas plus.

Le traitement chirurgical vise à libérer le nerf en ouvrant le toit du canal (formé par le ligament annulaire). Ce ligament se reformera en 6 semaines ce qui explique pourquoi il faut bouger sans forcer pendant ce délai.

L’échochirurgie du canal carpien est en plein essor grâce aux progrès des sondes linéaires à haute fréquence et des écrans d’échographie. Ainsi, la chirurgie du canal carpien est de plus en plus pratiquée sous contrôle échographique.

L’anesthésie walant (wide awake and local anesthesia with no tourniquet) est particulièrement adaptée à cette technique dans le cadre d’un circuit patient hyper ambulatoire dans un environnement sécurisé pour les patients. L’opérateur doit bien sûr avoir une parfaite maitrise de l’échographie et de la chirurgie avec ses complications per ou post opératoires.

Les risques

Il n’existe pas d’intervention chirurgicale sans risque de complications secondaires :

  • L’infection post opératoire
  • Une main gonflée, douloureuse , avec transpiration puis raideur , rare mais préoccupante ( algodystrophie) car son évolution est longue.
  • Les lésions vasculaires et nerveuses sont exceptionnelles
  • La récidive est inhabituelle mais n’est jamais exclue.

Les suites post-opératoires et l’évolution

La sortie s’effectue quelques heures après l’intervention (ambulatoire).

La cicatrisation s’obtient en une quinzaine de jours avec des pansements par une infirmière tous les 3 jours.

Les engourdissements disparaissent en général très vite mais les pertes de sensibilité s’améliorent plus lentement et parfois incomplètement.

Une douleur à la paume de la main est habituelle et normale, du fait de la section du ligament et de la cicatrisation des tissus. Il peut également y avoir un gonflement de cette zone à 1 mois post opératoire qui traduit la cicatrisation.

La force musculaire diminue pour revenir au bout de 6 semaines à 3 mois